Etude du Tyranneau barbu : premier bilan

Initiées au printemps 2020, les prospections visant à rechercher le Tyranneau barbu sur les savanes situées à l’ouest de Macouria (hors centre spatial, qui fait l’objet d’une étude séparée) se sont achevées au mois de juin.

 

Tyranneau barbu – photo: R. Jantot

A l’issue d’une trentaine de sessions de prospection, ayant conduit à la visite de 27 savanes distinctes, 74 observations de Tyranneaux barbus ont été réalisées. L’espèce a été trouvée sur 4 nouvelles localités situées entre Kourou et Iracoubo, et dans le cadre du projet « Oiseaux de France », deux nouvelles mailles atlas 10×10 km viennent étoffer la carte de répartition de l’espèce en Guyane.
 

Paysage de Savane – photo: Gepog

 
Le bilan de cette étude est en demi-teinte. Bien qu’elle ait été détectée sur de nouvelles zones, l’espèce n’a été trouvée que sur un tiers des savanes a priori favorables visitées. Elle s’est avérée absente de secteurs entiers, notamment sur les savanes de Macouria ou celles situées à l’ouest d’Iracoubo. Le Tyranneau barbu est donc réellement localisé en Guyane : sa rareté outrepasse largement celle de ses habitats.

 

L’étude a permis d’identifier quatre sous-populations distinctes de l’espèce en Guyane, certaines étant très petites, donc fragiles. Elle permet aussi et surtout de préciser l’effectif global de la population guyanaise : malgré les découvertes récentes, celui-ci reste probablement inférieur à 250 individus, ce qui est extrêmement faible. Le statut d’espèce « en danger critique d’extinction » semble donc parfaitement justifié pour le Tyranneau barbu en Guyane.

 

Suivi du Tyranneau barbu – photo: Gepog

En 2022 démarrera une nouvelle étude, axée sur l’écologie du tyranneau et se focalisant sur les savanes du CSG. Ces travaux préparent le terrain pour la rédaction d’un Plan National d’Actions (PNA) en faveur des oiseaux des savanes, qui permettra de définir et de mettre en œuvre des mesures de protection du Tyranneau barbu ainsi que des autres espèces menacées habitant les savanes.
Le GEPOG tient ici à remercier tous les bénévoles qui ont aidé, par leur accompagnement ou leur investissement personnel, à mener à bien cette étude. Bravo à tous ! 
 
Ce projet a été financé par l’OFB via le programme TEMEUM.